samedi 19 avril 2008

20 mars 08

Cher Ray Zo,


Journal :

Ce goût pour le sommeil me taraude. Terriblement ! J'éprouve de la joie à sentir ma vigilance baisser, je pressens la douce pression de l'oreiller sur mon nez, je la désire comme on désire caresser une fille !

Mon addiction me fait le coup de la séduction…Ca me fait un peu peur.

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Deux façon de dire une même chose : je suis réticent au téléphone, vraiment. A moins que je sache très bien à quoi va servir, utilitairement, l'appel, je décroche peu, appelle peu. Je trouve que le téléphone, a fortiori le mobile, impose un rythme, celui de la personne qui appelle.

Dit autrement, je n'aime pas trop appeler ou être appelé, je préfère le mail de loin (ou le texto) parce que c'est une façon de donner des nouvelles, sans obligatoirement en prendre.


En lecture :

Dorian, deWill Self. Des milieux friqués, de la défonce, du sexe, du sang, du fantastique. J'ai l'impression d'avoir lu beaucoup de livres sur cette forme de décadence. Bret Eston Ellis, notamment. Mais la manière de Self est plus romanesque, il y a un panache qui déborde l'agressive aridité des romans qui lancent le trash comme un projectile étourdissant.

Superficiellement, on pourrait avoir plus de sympathie pour les monstres de Self que pour les Zombies de Ellis. A cause du superficiel, sous lequel il n'y aurait rien en Amérique, tandis qu'en Europe il resterait sous le vernis une certaine noirceur, reconnaissable et humaine. Avec des personnages mauvais, on s'identifie, face à des êtres vides et anesthésiés, on renvoie l'indifférence.

Mais c'est justement en étant concerné qu'on rejette mieux. Des gens qu'on est bien content de ne pas connaître, et pourtant avide, voyeur de leurs aventures comicoglauques . Les pantins cocaïnomanes sont autre, morts. On les refoule, parce qu'on se confronte à leurs cousins assez souvent comme ça.

Les monstres de Self sont moins menaçants, mais de plus grande ampleur.

Et le vernis culturel, le classicisme du roman lui enlèvent peut être le bénéfice de l'avant-garde, mais la prise du récit sur nous est plus tenace. La fiction s'assume, ses effets portent mieux. Dans le nihilisme de la décadence, la culture citée ou utilisée fait que même dans la description du vide, on ne s'ennuie pas.


Drift :

Chef des armées.

Notre Présidissîme va envoyer, après un débat sous-consultatif à l'Assemblée, un contingent supplémentaire en Afghanistan, et œuvre pour reprendre un place à l'OTAN, structure proaméricaine.

L'élection de Sarko était une mauvaise nouvelle pour la France. Encore quelques pas, et ce sera une mauvaise nouvelle pour le globe : nos armées iront pisser le sang et le faire pisser pour des intérêts douteux.


Tu peux toujours dire que je suis un rêveur. Mais je ne suis pas le seul.

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